Déposer une marque pour un logiciel implique de comprendre la distinction entre le logiciel en tant que produit (un programme que l'on télécharge et installe) et le logiciel en tant que service (un accès en ligne). Cette distinction, qui peut sembler technique, détermine quelles classes de la classification de Nice vous devez viser — et un mauvais choix peut fragiliser votre protection de manière irréversible.
Avant tout dépôt, vérifiez que votre marque est disponible et déposable et choisissez entre marque française et européenne. Pour un guide complet, consultez le guide dépôt de marque.
La classe 9 couvre les logiciels téléchargeables et installables : logiciels (programmes enregistrés), logiciels de jeux, applications mobiles. Si votre modèle repose sur la distribution d'un programme — un logiciel desktop, un SDK, une application native — la classe 9 est votre classe principale.
Il est important de ne pas se contenter des libellés génériques. « Logiciels (programmes enregistrés) » est recevable mais fragile. Je recommande de préciser la finalité : « logiciel de comptabilité », « logiciel de conception assistée par ordinateur », « logiciel de montage vidéo ». Cette précision renforce la pertinence du dépôt et limite le risque de déchéance pour non-usage cinq ans après l'enregistrement.
Dès lors que votre logiciel est accessible en ligne, hébergé sur vos serveurs, ou que vous fournissez des services d'accompagnement, la classe 42 entre en jeu : développement, conception, maintenance et mise à jour de logiciels, SaaS, cloud computing, hébergement de serveurs, programmation informatique, audit et conseil en informatique.
En pratique, la plupart des éditeurs de logiciels combinent les deux modèles. Le logiciel est téléchargeable (classe 9) mais aussi accessible en mode SaaS (classe 42), avec un support et des mises à jour incluses. Déposer dans les deux classes est alors indispensable. Pour les éditeurs purement SaaS, consultez l'article dédié aux classes pour une marque SaaS.
Classe 38 (télécommunications) — Si votre logiciel intègre de la communication entre utilisateurs, de la messagerie, la fourniture d'accès à des bases de données ou la mise à disposition d'API.
Classe 41 (formation et publication) — Si vous proposez des formations liées à votre logiciel, des webinaires, des publications techniques ou des certifications.
Classe 35 (gestion commerciale) — Si votre logiciel est un outil de gestion d'entreprise, de CRM, de marketing ou de comptabilité, la classe 35 peut compléter votre protection en couvrant les services de gestion auxquels le logiciel contribue.
Pour les applications mobiles spécifiquement, consultez l'article sur les classes pour une marque d'application mobile.
L'erreur que je rencontre le plus souvent chez les éditeurs de logiciels est de confondre le produit et le service. Un éditeur qui ne vend plus de licences perpétuelles depuis des années mais n'a déposé qu'en classe 9 a une marque qui ne couvre pas son activité réelle. Inversement, un éditeur qui distribue un logiciel installable et n'a déposé qu'en classe 42 laisse un vide dans sa protection sur le produit lui-même.
La clé est de partir de votre modèle économique réel. Comment votre logiciel est-il distribué ? Quels services fournissez-vous autour ? Quels sont vos projets à cinq ans ? C'est sur ces bases que le dépôt doit être construit. Si vous souhaitez déposer votre marque logicielle dans les meilleures conditions, prenez rendez-vous.


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