Vous êtes éditeur SaaS. Vous avez trouvé un client à l'étranger. Tout se passe bien, les échanges sont fluides, la démonstration convaincante. Le contrat arrive.
Et là, en lisant les conditions, une clause retient votre attention :
"Le contrat sera régi par la loi allemande. Les litiges seront régis par le tribunal de Berlin."
Ou belge. Ou américaine. Peu importe. Ce n'est pas votre droit. Et vous vous demandez : dois-je l'accepter ?
Entre entreprises, vous êtes libre de choisir la loi applicable au contrat et le tribunal qui résout le litige. Rien n'impose la loi française et les tribunaux français. Et dans certains secteurs, surtout avec des grands comptes ou à l'international, il est courant que le client impose son propre droit national.
Mais ce choix n'est jamais neutre. Il a des conséquences réelles. Et si vous ne les anticipez pas, vous prenez des risques.
Accepter une loi étrangère, ce n'est pas simplement changer deux mots dans le contrat. Cela peut tout changer :
Un point souvent négligé : quand le contrat est régi par une loi extra-européenne, la question de la conformité du DPA se pose en plus de la loi applicable au contrat principal. Le RGPD s'applique dès que des données personnelles de résidents européens sont traitées, quelle que soit la loi du contrat. Mais la cohabitation entre un contrat de droit américain et un DPA conforme au RGPD peut créer des incohérences — notamment sur les mécanismes de transfert de données, les clauses de responsabilité et les droits d'audit. Vérifiez systématiquement que votre DPA reste applicable et cohérent avec la loi choisie pour le contrat principal.
Non. Mais il faut y réfléchir sérieusement. Dans certains cas, vous devrez faire des concessions. C'est parfois le prix d'un contrat stratégique. Voici quand cela peut s'envisager :
Mais dans tous les cas, il faut savoir ce que vous signez.
Si vous devez accepter la loi étrangère, ne le faites pas les yeux fermés. Voici ce que je vous recommande :
Pour une approche complémentaire, consultez mon article sur l'adaptation d'un contrat au droit français, qui détaille les avantages concrets de cette démarche. Pour une vue d'ensemble des clauses à prévoir, consultez le guide de contractualisation SaaS.
Accepter une loi étrangère n'est pas rédhibitoire, mais c'est un choix qui doit être fait en connaissance de cause. L'enjeu n'est pas de refuser par principe, mais de mesurer les conséquences sur vos clauses clés et votre capacité à vous défendre en cas de litige. Si vous êtes confronté à cette situation, prenez rendez-vous.


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