La clause de cession de contrat est un point essentiel à surveiller dans les contrats SaaS. Elle permet à l'une des parties de transférer le contrat à une autre entité, par exemple lors d'une acquisition, d'une fusion ou d'une restructuration. Si cette possibilité semble légitime, elle peut pourtant générer des inquiétudes majeures, notamment pour les clients grands comptes. Je constate régulièrement des tensions autour de cette clause.
Les éditeurs SaaS sont généralement des startups ou des entreprises en forte croissance. Dans ce contexte, les opérations d'acquisition, de fusion, ou de restructuration ne sont pas rares. Les éditeurs cherchent donc à prévoir dans leurs contrats la possibilité de transférer librement leurs engagements à une autre structure.
Cependant, du côté des clients, notamment des grands comptes, cette possibilité génère des inquiétudes. Ces clients souhaitent conserver un contrôle sur le choix de leur cocontractant afin d'éviter qu'un concurrent ou une entreprise problématique ne devienne leur partenaire contractuel imposé. Ils exigent donc souvent un accord préalable avant tout transfert.
Dans le modèle SaaS, la plateforme est mutualisée, ce qui signifie qu'elle est utilisée simultanément par de nombreux clients. La gestion d'un accord préalable de chaque client avant un transfert devient donc rapidement ingérable pour l'éditeur. En pratique, l'éditeur ne peut pas contacter individuellement chaque client pour obtenir une autorisation avant une opération stratégique.
Le risque réel pour l'éditeur est de se trouver bloqué dans une opération essentielle simplement parce que certains contrats clients exigent un accord préalable au transfert. Une telle situation pourrait engendrer des violations contractuelles, des réclamations en dommages-intérêts ou des contentieux complexes.
Un point de friction fréquent en négociation : la confusion entre la cession du contrat lui-même (transfert des droits et obligations à un tiers) et les opérations sur le capital de l'éditeur (levée de fonds, cession d'actions, changement d'actionnaire majoritaire). En droit français, une opération sur le capital ne constitue pas une cession de contrat : l'éditeur reste la même personne morale, seul son actionnariat change. Pourtant, certains clients rédigent des clauses suffisamment larges pour couvrir les deux cas, ce qui peut bloquer une levée de fonds ou un rachat. Il est donc essentiel de distinguer précisément les deux hypothèses dans la clause.
Pour éviter ces écueils, il existe plusieurs solutions pratiques et équilibrées :
Lors d'une levée de fonds ou d'un rachat, les conseils juridiques de l'investisseur ou de l'acquéreur examinent systématiquement vos contrats clients. Sur la clause de cession, ils regardent en particulier si un accord préalable est exigé, si la clause couvre aussi les opérations sur le capital, et si le portefeuille contractuel est cohérent. Un portefeuille avec des clauses hétérogènes ou mal rédigées constitue un passif contractuel — un portefeuille avec des clauses claires et adaptées au modèle SaaS est un actif.
Adopter une approche équilibrée est bénéfique pour les deux parties :
Cette approche crée donc un climat de confiance et de transparence, nécessaire à la pérennité des relations commerciales.
La clause de cession est un sujet d'autant plus critique lorsqu'elle s'inscrit dans un contexte de levée de fonds ou de rachat. Si vous souhaitez sécuriser vos contrats sur ce point, prenez rendez-vous.


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