C'est une question qui revient souvent dans les négociations de contrats SaaS. Et une source fréquente d'incompréhension entre éditeurs et clients. Lorsqu'on aborde les données générées par l'utilisation du service, la confusion règne : le client pense qu'il en est propriétaire, l'éditeur considère que ce sont ses données. Alors, qui a raison ?
Il faut d'abord distinguer les données du client et les données d'usage.
Ces données ne sont pas fournies par le client. Elles sont captées par le système en arrière-plan.
Le client utilise l'outil. Il en déduit souvent que tout ce qui est généré pendant l'utilisation lui appartient. C'est compréhensible, mais ce n'est pas juridiquement exact. Les données d'usage ne sont pas créées par le client, mais par le fonctionnement du service.
L'éditeur, de son côté, y voit une matière première précieuse. C'est ce qui lui permet de comprendre l'utilisation réelle du SaaS, de prioriser les évolutions produit, de détecter les dysfonctionnements, d'améliorer les performances de la plateforme et de construire des statistiques utiles pour ses roadmaps.
En clair, ces données ne sont pas utiles au client, mais essentielles pour l'éditeur. Elles font partie intégrante du cycle d'amélioration du produit. C'est grâce à elles que le SaaS devient plus stable, plus rapide, plus pertinent.
Le Data Act (règlement (UE) 2023/2854), applicable à partir de septembre 2025, introduit un droit d'accès aux données générées par l'utilisation d'un produit connecté ou d'un service lié. Même si le texte vise principalement les objets connectés, son esprit pourrait par analogie renforcer les attentes des clients SaaS sur l'accès à certaines données d'usage. Il est donc prudent d'anticiper cette évolution dans la rédaction de vos clauses. Pour aller plus loin sur ce sujet, consultez mon article sur le Data Act et la résiliation SaaS.
Certainement pas les interdire. Mais il faut les encadrer. La clé, c'est la transparence et la protection des données.
Un éditeur ne peut pas collecter ces données n'importe comment. Il doit respecter quelques règles fondamentales :
Si ces conditions sont réunies, il est parfaitement légitime que l'éditeur exploite ces données. Et qu'il en détienne les droits.
Une clause sur les données d'usage doit :
Il ne s'agit pas de donner carte blanche à l'éditeur, ni de priver le client de toute maîtrise. Il s'agit de poser un cadre clair, équilibré, et respectueux des intérêts des deux parties. Pour une vue d'ensemble des clauses à prévoir, consultez le guide de contractualisation SaaS.
La donnée est un sujet sensible. Et dans un contrat SaaS, une clause mal rédigée sur ce point peut devenir un frein à la signature. Le client a besoin de garanties. L'éditeur a besoin de souplesse. Le bon équilibre juridique permet de répondre aux deux. Une clause bien construite évite les frictions inutiles, sécurise la base juridique de l'éditeur pour collecter et exploiter les données d'usage, protège l'image du prestataire et renforce la confiance du client. La documentation technique du SaaS peut d'ailleurs jouer un rôle clé dans cette transparence.
Au-delà de la question de propriété, c'est la transparence sur la collecte et l'usage de ces données qui sécurise la relation commerciale. Un contrat qui distingue clairement données client et données d'usage évite les frictions au moment où le sujet devient sensible — c'est-à-dire en cas d'incident ou de résiliation. Si vous souhaitez revoir vos clauses sur ce point, prenez rendez-vous.


Le Data Act encadre strictement les pénalités de résiliation SaaS. Frais autorisés, frais interdits, calendrier de suppression : ce qu'il faut savoir.

Votre entreprise est bloquée dans un contrat SaaS ? Le Data Act ouvre un droit de résiliation pour changer de prestataire. Conditions, procédure, pièges à éviter.
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